Les conseils du coach : Dépenser moins d'énergie sur la moto

Apprendre à dépenser moins d'énergie et s'économiser sur la moto doit être la première priorité, tout comme améliorer l'isolation d'une maison pour perdre moins d'énergie est une meilleure approche que de mettre le paquet sur le système de production de chauffage.

Réveil en douceur !

Commencer la journée/la séance par rouler debout et cool, alterner les accélérations en se penchant en avant et les petits freinages en portant au contraire le poids de son corps en arrière avec les jambes fléchies qui, seules, vous portent. Faites un tour de circuit complet comme ça pour le réveil proprioceptif. Une fois ce tour "de réveil des sensations et de proprioception" effectué, on ne met toujours pas du gros gaz en allant chercher la traction!!! Au contraire... On ne s'agrippe pas après le guidon, tenez le pendant encore un demi tour au moins avec juste le pouce , l'index et le majeur (pas du bout des doigts, vous entourez les poignées normalement, mais avec 2 doigts en moins).

Effectuez l'essentiel de votre maintient sur la moto avec les membres inférieurs ( transferts de masse avant arrière, mais aussi latéralement en travaillant les changements de direction / ligne par une pression sur les cales pieds). Focalisez vos sensations aussi sur vos appuis, et le fait de serrer plus ou moins la moto au niveau du cadre. (le plus énergivore, et ce qui fait monter le plus la fréquence cardiaque est de solliciter fortement et en même temps les chaînes musculaires du haut et du bas du corps. Vous n'êtes pas convaincu ? Courrez donc un peu en montant les bras au dessus de la tête ou faites un peu de corde à sauter).

Chercher impérativement à se décontracter

Il faut donc chercher au maximum à économiser mais aussi décontracter/décrisper le haut : Dites vous bien que le guidon n'est pas là pour que vous vous accrochiez après. Votre buste ne suit pas les irrégularités du terrain. Il y a certes des amortisseurs sur votre machine mais ce sont vos bras et vos jambes qui jouent ce rôle principalement et ils ne peuvent le faire dans de bonnes conditions si ils / elles sont déjà contractés. Notez que la contraction forte des muscles de l'avant bras quand vous serrez fort vos mains entraîne obligatoirement la contraction de toute la chaine musculaire : biceps, triceps, deltoïdes (muscle de l'épaule) ... et plus (...) il faut donc ne serrer les mains QUE ce qu'il faut et pas plus. Ceci est déterminant pour votre consommation énergétique globale et pour votre capacité à ne pas passer trop vite "dans le rouge" au niveau cardio.


Si vous ne le faites pas, que vous ne desserrez pas les doigts à certains moments, c'est comme si vous imaginiez obtenir une bonne performance en skating (pas de patinage en ski de fond) mais en ne lâchant pas les bâtons / n'utilisant pas les sangles lorsque vous ramenez les bras en avant. Quiconque a déjà pratiqué ce sport comprend bien ce que je suis en train de dire.

Inutile de jouer les gros bras !

N'écartez pas trop les coudes car, même si c'est rassurant de disposer de plus de force, vous faites intervenir d'avantage de gros muscles (pectoraux, grands dorsaux) qui vont demander plus de sang, ce qui va faire monter vite votre fréquence cardiaque. Dans les montées, les lignes droites, tirer sur le guidon et mettre du poids sur l'arrière bras tendus est souvent inutile. En tous cas c'est de la crispation pour pas grand chose et vous allez le payer 20 à 30 secondes plus tard, mais comme à ce moment là votre attention sera portée sur autre chose, vous n'aurez pas la sensation de corrélation entre votre état du moment et l'effort fournit.

Évitez enfin le plus possible le "stop and go", c'est à dire les phases de freinage et d'accélération brutales. Pensez surtout à conserver votre vitesse précieusement acquise et non à la récupérer le plus vite possible. Quand 2 options se valent au chrono, privilégiez la plus économe physiquement, choisissez vos traces (une partie de la consigne précédente).

Les gros trous et autres passages défoncés ne sont pas vos amis sur la durée d'une manche... Jouez la stratégique : on perd beaucoup d'énergie dans des batailles qui n'en finissent pas, à harceler le pilote qui est devant, dans les projections, à recouper les traces... Donc quand vous passez, partez ! (quand c’est possible ...), travaillez votre technique. C'est principalement les carences techniques qui se paient au niveau du physique.

Soignez vos réglages 

On pense aux suspensions naturellement mais pas que ... Commencez une endurance solo avec un sélecteur de vitesse trop haut et ne vous demandez pas pourquoi vous avez des contractures aux couturiers et/ou aux psoas à mi épreuve ! Position du guidon, hauteur de guidon, des leviers, un embrayage pas trop raide... La hauteur (donc l'épaisseur) de la selle est déterminante. Elle sera évidement liée à la taille du pilote. Imaginez l'effort supplémentaire d'un grand pour s'asseoir sur une chaise d'enfant... 500 fois dans une manche, sans compter le temps passé en position assise mais finalement en appui sur l'un ou l'autre cale pied ...